Après avoir dépassé ladite rue du Puits des Fins, on trouve une grande et belle maison ayant façade sur cette dernière rue et sur celle du Puits de Dieu et présentant un pan coupé à l’aspect du midi.
Le Puits de Dieu qui a donné son nom à la rue se trouve maintenant enclavé dans cette maison, laquelle appartient au sieur Aunet Abounet (Abonnet ?), maître maçon. Elle formait il y a moins de vingt ans deux maisons distinctes dont l’une qui se trouvait dans l’angle formé par les deux rues a été vendue au sieur Abounet en 1864 par le sieur Pierre Habert (Mabert ?), dit Coco, fils, agent de police à Sancerre, lequel l’avait recueilli dans la succession de Pierre Habert dit Coco, son père. Ce dernier la possédait déjà en 1820.
L’autre, qui avait une entrée sur chaque rue et un jardin longeant celle du Puits des Fins et qui la prolongeait ainsi derrière la première a été acquise en 1863 par le sieur Abounet, de M. Gustave Dumaige, médecin, place de l’Orme de St-Père et de Mme Félicie Dugenne, son épouse. Elle provenait à cette dernière de la succession de sa tante, Mme Marie-Julie Dugenne, veuve du sieur Jean-Nicolas Philippe, ancien lieutenant de gendarmerie à Sancerre qui la tenait depuis 1828 du sieur Isaac Avette-Vestin. Ce dernier l’avait achetée ou héritée de M. Sylvain-Joseph Gressin, colonel d’infanterie sous le 1er empire, qui l’a habitée un certain temps.
Le sieur Abounet, propriétaire de cet immeuble habite le rez-de-chaussée de la partie située sur la rue du Puits de Dieu, le premier étage, au-dessus, est actuellement inhabité. Pendant la construction du presbytère, il était occupé par M. le curé Chaumereau pour le loyer duquel la Fabrique payait 300 francs et la commune pareille somme. M. de Langle de Cary, juge au tribunal, l’avait aussi habitée avant M. Chaumereau.
Dans la chambre du 1er étage, dont la fenêtre se trouve dans le pan coupé, est un musée très curieux d’objets et d’animaux empaillés rapportés du Sénégal et la Cochinchine par le capitaine Jacquet de l’infanterie de marine, frère de Mme Abounet, et originaire de Sancerre. Les tortues côtoient les crocodiles, les flèches empoisonnées, avec leurs carquois, sont suspendues au mur à côté des couteaux à scalper et des poignards. Dans les coins sont les lances et les filets et des ustensiles de ménage et de campement de toutes espèces. Par respect pour la mémoire de son frère, mort sous les drapeaux à la veille de prendre sa retraite et de pouvoir venir se reposer au milieu de sa famille Mme Abounet n’a pas voulu se défaire d’aucun de ces objets ni affecter la chambre à un autre usage.